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Journal de bord d'une stagiaire - Ep8

Sandra Pereira Costa est la toute première apprentie à effectuer un stage de mobilité internationale avec le CFA Sport Occitanie. Pendant 3 mois, elle sera en stage au Maroc, pour vivre une expèrience nouvelle, dans les métiers du Sport et de l'Animation, pilotée par le CFA et financée par la Région Occitanie. A travers son "Journal de bord d'une stagiaire", partez à la découverte de notre programme Mobilité Internationale.

 

 

Episode 8 : Une semaine bien rythmée
Je reprends lundi en pleine forme

C’est officiel, mon stage va bien se prolonger de deux semaines et je vais participer à l’organisation du 5ème meeting international de para-athlétisme, qui aura lieu à Marrakech. Je suis très enthousiaste à cette annonce !

Je profite un maximum du temps qu’il me reste avec ma maman avant qu’elle parte. Elle a même fait une séance de sport avec moi à la salle. Le responsable a bien voulu qu’elle vienne avec moi pendant son passage à Rabat. Je lui ai proposé des exercices sur B.O.S.U pour travailler la proprioception et j’ai pu observer de nettes améliorations sur son équilibre, sa résistance en fin de séance, à force de pratiquer. Je dois vraiment creuser la piste du « travail sur B.O.S.U » car on peut vraiment renforcer l’ensemble du corps, améliorer sa coordination, développer les muscles profonds et prévenir les blessures.

Cette semaine je suis chargée de faire le suivi des projets, j’avoue que le côté administratif est un peu pesant, il faut aller à la « pêche aux infos » pour avancer au mieux.

Le vendredi 17 Janvier restera mémorable. Avec mes collègues, nous recevons l’information deux jours avant de l’existence d’une formation de « Football à béquilles pour personnes amputées » qui sera dispensée aux entraîneurs et administrateurs des clubs. Il est très difficile de s’organiser par rapport au court délai imparti. En effet, lorsque nous demandons la réservation d’une salle au Centre National Mohammed VI c’est une réponse négative que nous essuyons. 

Je suis chargée la veille en fin de journée de préparer le matériel nécessaire à la formation car finalement celle-ci se fera au siège de la FRMSPH. Le lendemain on me demande de venir plus tôt pour aider à l’organisation de la formation. Ce jeudi est bien chargé, je sors de la Fédération exténuée mais je dois aller me dépenser. Rien de mieux que d’aller au cours de kick-boxing ! Après la séance, on continue de s’entraîner avec Zakaria et j’ai le droit à une leçon individuelle aux pattes d’ours. J’ai de l’énergie à revendre avec la journée que j’ai passé et heureusement que j’arrive à tout oublier pour la soirée. 

   

Le lendemain je viens de bonne heure à la FRMSPH comme convenu avec mon tuteur la veille. J’attends 15, 20, 30 minutes et toujours personne en vue, ni Saïd, ni les participants. Après un moment d’attente, quelques personnes arrivent enfin, je vais pouvoir finaliser les derniers préparatifs dans la salle de réunion car je n’avais pas les clés.

La formation débute tardivement (comme c’est souvent le cas). En tant que toulousaine, c’est vrai que j’ai l’habitude du « quart d’heure toulousain » mais là c’est le « quadruple quart d’heure marocain ». Je suis un peu agacée et tendue car j’aime les choses bien organisées et anticipées, un minimum.

Après ces péripéties, la formation débute enfin et c’est le DTN qui commence la partie théorique sur la méthodologie d’entraînement. Cela me rappelle des souvenirs car on aborde des bases physiologiques, les filières énergétiques ainsi que la planification des entraînements en regard avec les compétitions.

 

Il est 13h passé et nous faisons la pause car c’est bientôt l’heure de la prière. Nous devons aussi déjeuner et reprendre la formation à 15h.

Aujourd’hui c’est livraison du couscous à la Fédé et j’ai de la chance car mes collègues Nadia, Youness, Naceur et Ibtissame me lancent « Ajiii Sandrinha manger !» (Vient manger Sandra !).

Cela faisait un petit moment d’ailleurs que je ne partageais pas le repas dans le plat commun. C’est la deuxième fois depuis mon arrivée que nous dégustons ensemble le couscous du vendredi à la Fédération. Un moment convivial où le mot « partage » prend tout son sens et où j’en profite pour décompresser un peu.

Après ce festin, j’ai encore du temps de pause et je m’accorde un petit « kawa » (café) que je vais préparer chez moi car j’habite à quelques mètres.

Je sors pile au moment où les gens se rassemblent pour la prière du vendredi. Depuis mon arrivée, je n’avais encore jamais assisté à ce moment important pour les musulmans car je travaille toujours à la fédération à cette heure-ci.

La rue est recouverte de tapis, la mosquée est remplie et autour il y’a des fidèles partout. Je me rapproche de plus en plus de chez moi et je dois enjamber les personnes, délicatement, en me faisant discrète pour ne pas déranger les gens qui prient. J’arrive chez moi et j’observe alors depuis ma terrasse le rassemblement : époustouflant !

C’est comme si la vie ici s’était arrêtée ; circulation stoppée, le silence est maître des rues. Sensation apaisante que je ressens, comme un sentiment de paix en écoutant et voyant ces personnes rassemblées.

Le voyage permet réellement de s’ouvrir au monde ! Je n’avais jamais eu l’occasion d’assister à rien de tel et ce moment restera marqué dans ma vie.

 

 

C’est avec sérénité que je reprends la formation de l’après-midi. Mon tuteur souhaite que j’intervienne en détaillant et expliquant le règlement du « football à béquilles ». C’est la première fois que je m’adresse à un groupe et en plus sur une discipline que je ne maîtrise pas forcément, encore une expérience qui me fait sortir de ma zone de confort ! En fin de formation, je raconte mon expérience vécue à Casablanca lors du match amical de « football à béquilles ». C’est un privilège de pouvoir témoigner et exprimer quelques paroles chaleureuses. Le tour de parole est très touchant. J’ai vraiment ressenti l’envie commune des participants de développer et de structurer cette discipline.

Après la formation, ma journée est loin d’être terminée. Je rédige le compte-rendu, recense les personnes présentes puis je file en direction du Théâtre National Mohammed V.

Ce soir j’assiste à la soirée « Artiste et Autiste ». Cet évènement solidaire est organisé par le Collectif Autisme Maroc au profit des personnes autistes. Je suis enthousiasmée car j’aime beaucoup les théâtres et je ne suis pas déçue par la beauté de celui-ci. La soirée est riche en spectacles animés par des enfants, jeunes et adultes autistes (zumba, récital au piano, batucada, danse…). Je découvre aussi des chanteurs marocains connus qui mettent l’ambiance, tels que Mohammed REDA et Othmane MOULINE. Une merveilleuse découverte !

 

 

Le lendemain je ne travaille pas et heureusement car la semaine a été bien chargée. J’en profite pour bien me reposer la matinée puis direction la salle de sport et l’après-midi c’est une réelle détente qui m’attend. Avant de rentrer en France, ma maman m’a réservé une magnifique surprise, elle m’a offert un pack avec « Hammam royal, massage thaïlandais et étirements sportifs ». Un institut de massage juste à côté de la salle où je m’entraîne. Après un délicieux brunch « détox » fait maison direction le spa ! De plus, c’est la première fois que je vais découvrir le hammam marocain (il était tant que j’y aille). C’est une après-midi rien que pour moi et le bien-être que ça me procure me donne vite envie d’y retourner. J’y reste au total plus de 3h, mes muscles sont complètement détendus et mon cerveau oxygéné. Inutile de préciser qu’en rentrant chez moi je suis tombée dans un profond sommeil immédiatement. Avec le temps pluvieux sur Rabat qui est revenu, je me lève difficilement le lendemain pour aller travailler.

 

Ce dimanche se déroule le second meeting national de para-athlétisme à Casablanca. Première fois que j’assiste aux disciplines du para-athlétisme et cette journée est venue me préparer avant le meeting international de Marrakech !

En arrivant, j’ai demandé sur quels postes je pouvais aider et on m’a dit que l’on m’appellerait si besoin. J’ai pu alors observer les différentes épreuves : lancer de disque, de poids, de massue en bois, de javelot, les courses (100m, 200m, 400m…), etc.

Je suis restée le plus longtemps sur l’épreuve du lancer de massue car j’y ai retrouvé mes amis Youssef et Imad, de l’équipe nationale de Boccia. Le principe général de cette discipline consiste à lancer le plus loin possible dans une aire de jeu définie la massue en bois ou « club » pour atteindre une distance maximale.

Je les ai alors encouragés et j’ai trouvé génialissime le fait qu’ils pratiquent différentes activités sportives (boccia, para-athlétisme).

 

Après ces belles retrouvailles, on m’a appelé pour réaliser la saisie des résultats du saut en longueur. Une première pour moi ! On m’a donné une liste avec le nom des athlètes ainsi que leur catégorie suite à une classification. J’avais principalement les catégories T46 et T47. J’ai pu bien apprendre sur les spécificités des athlètes. Ces deux catégories renvoient aux amputations des membres supérieurs, avec un degré d’importance plus ou moins prononcé (amputation d’un bras, de deux bras, de la main, paralysie d’une main, etc.).

Il faut dire que la légère pluie et le vent n’ont pas aidés au déroulement de l’épreuve. J’ai aussi été confrontée à la bonne prononciation des noms en appelant les athlètes (au fur et à mesure des passages, on va dire que je me suis progressivement améliorée).

J’ai pu voir aussi le peu de moyens déployés à l’arbitrage, à la qualité des terrains, de la piste… Je tire ma révérence aux athlètes de persévérer malgré des situations qui ne sont pas faciles, surtout lorsque le côté logistique ne suit pas toujours.

En tout cas, cette compétition m’a apportée des connaissances sur certaines épreuves de para-athlétisme et j’ai été ravie de revoir certains athlètes dont Ayoub SADNI qui a pulvérisé des records en course du 400 mètres. Une fois la compétition terminée, je suis repartie avec mes collègues direction Rabat et la fatigue a encore pris le dessus sur moi. J’ai dormi tout le trajet et en rentrant je me suis sentie affaiblie.

Surement que cela est dû à une charge rythmée de travail à la Fédération et aussi au sport quotidien que je pratique pour évacuer mes journées.

Il va falloir que je prenne un peu de temps pour réellement me reposer si je veux terminer correctement mon stage qui va se prolonger.

 

 

Episodes précédents

1. Premiers pas en Terre marocaine

2. La vie : des hauts et des bas

3. Les semaines se suivent et ne se ressemblent pas

4. Un mois est déjà passé

5. Fin d'année 2019

6. Bonne année 2020 !

7. Des nouveautés et des retrouvailles