Journal de bord d'une stagiaire - Ep7

Sandra Pereira Costa est la toute première apprentie à effectuer un stage de mobilité internationale avec le CFA Sport Occitanie. Pendant 3 mois, elle sera en stage au Maroc, pour vivre une expèrience nouvelle, dans les métiers du Sport et de l'Animation, pilotée par le CFA et financée par la Région Occitanie. A travers son "Journal de bord d'une stagiaire", partez à la découverte de notre programme Mobilité Internationale.

 

 

Episode 7 : Des nouveautés et des retrouvailles
Elles étaient essentielles, elle m'ont donné un regain d'énergie

Des nouveautés au sujet de mon stage. Il devrait se prolonger d’une quinzaine de jours afin que je participe à l’organisation du 5ème meeting international de para-athlétisme, qui aura lieu à Marrakech, du 27 au 29 Février 2020. Cet événement sportif à échelle internationale me permettrait de finaliser ce stage avec « la cerise sur le gâteau » comme on dit !

Je m’organise donc au mieux avec mon club de boxe à Blagnac, le CFA Sport Occitanie et la Fédération Handisport Marocaine car j’ai réellement envie de voir comment se déroule une compétition à échelle mondiale et il faut dire que je me plais de plus en plus ici…

Toujours côté professionnel, cette semaine je suis en formation avec ma collègue Soukaïna et je découvre plus en détail le poste de secrétariat / administration de la FRMSPH. Je comprends mieux le fonctionnement global, l’arrivée des courriers, la gestion des appels, etc.

Je m’entretiens aussi avec Mr Karim CHERKAOUI (chargé du sponsoring et de la rédaction de projets à la Fédération) qui m’aide à établir un plan pour le rapport de fin de stage. Je n’ai pas de trame imposée, il s’agit plutôt de faire une restitution de ce que j’ai appris au cours de cette expérience.

J’avance de manière autonome aussi sur les projets qui m’ont été confiés pour la « semaine inclusive du handicap ». Il s’agit de deux semaines banalisées au mois de Mars dans deux établissements français : le Collège Saint-Exupéry et le Lycée Français International André Malraux (LFIAM). L’objectif étant de sensibiliser les élèves au handicap, via la découverte de différents ateliers en handisport qui seront mis en place pendant toute la semaine inclusive.

Jeudi je me suis rendue seule au LFIAM car j’avais un rendez-vous avec la professeure d’EPS référente qui coordonne le déroulement de ce projet avec la Fédération. J’ai donc pu échanger avec elle et aborder les différents points d’organisation logistique, technique de ces journées. C’était très enrichissant pour moi car j’ai vraiment pu réfléchir à toute la préparation en amont d’un tel événement et cela demande du travail !

En revenant à la Fédération, j’ai rédigé le compte-rendu de réunion « à chaud » tant que j’avais toutes les informations en mémoire afin de le transmettre au Président et à mon tuteur. Nous avons prévu de faire un débriefing ensemble le lundi suivant.

 

Coté perso, cette semaine est signe de retrouvailles avec ma maman ! Elle vient passer quelques jours au Maroc et cela m’enthousiasme vraiment. J’ai en plus un long weekend de trois jours donc c’est l’occasion d’en profiter pour voyager un peu en dehors de Rabat.

Je lui réserve une petite surprise de dernière minute : direction Marrakech !

Un trajet en train agréable : les paysages changent, on sent que l’on se rapproche progressivement du Sud car le relief désertique commence à prendre forme.

 

Arrivée à la gare de Marrakech, je sens l’effervescence et l’agitation de la vie ici. Le taxi veut 100 dirhams pour une course de deux kilomètres. Quand je demande qu’il mette le compteur, celui-ci est surpris, je lui dis gentiment que je vis au Maroc et qu’avec moi le prix « touriste » ne marchera pas. Il sourit et j’obtiens une petite négociation.

J’ai réservé deux nuits dans une petite auberge, située dans le quartier juif de Mellah. C’est bien animé ici, beaucoup de mobylettes, vélos et calèches de chevaux qui circulent. On sent que le séjour va être animé, je dis chaleureusement à ma maman « Marhba bik Morocco » (Sois la bienvenue au Maroc) !

Le lendemain, au programme c’est une grosse journée qui nous attend avec plusieurs visites prévues.

A Marrakech il est impossible de ne pas se perdre au moins une fois (et bien plus…). La matinée commence d’ailleurs comme ça. Dans les petites ruelles rougeâtres nous découvrons les épices et leurs riches odeurs complètement par hasard.

Un jeune garçon me propose de nous conduire à pied jusqu’à la Synagogue Lazama, pour quelques dirhams bien sûr. C’est la première fois de ma vie que j’entre dans une synagogue, l’architecture et les coloris sont apaisants. Une jolie découverte !

 

   

L’après-midi est bien chaude, la température atteint rapidement plus de 20 degrés. Climat idéal pour se promener dans le splendide Jardin Majorelle. Pour la petite histoire (je résume un peu mais il faut vraiment lire l’intégralité de l’historique), ce jardin botanique luxuriant et intimiste a été créé par Jacques Majorelle, peintre aventurier et orientaliste Français, qui s’installa au Maroc en 1917. Suite à sa mort (1962), le jardin fût cédé à Marrakech et peu à peu tomba à l’abandon. En 1966, Pierre Bergé et Yves Saint-Laurent tombèrent amoureux du Jardin. Ce sera une grande source d’inspiration pour le grand couturier français qui disait : « depuis de nombreuses années, je trouve dans le jardin Majorelle à Marrakech une source inépuisable d’inspiration et j’ai souvent rêvé à ses couleurs qui sont uniques ». Quelques années plus tard, un projet de construction hôtelière voit le jour. YSL et son ami arrivent à racheter le Jardin Majorelle en 1980. Une richesse en faune et flore est abritée dans le jardin. En 2001 est créée la Fondation Jardin Majorelle, association qui visera à sauvegarder le patrimoine écologique, historique et culturel du lieu. Lors de la mort d’YSL en 2008, ses cendres ont été répandues dans la roseraie du Jardin de la villa Oasis et un mémorial en forme de colonne Romaine symbolise la présence du grand couturier dans le Jardin.

 

Cette découverte m’aura valu ces quelques lignes d’écriture : « Loin du tumulte et de la foule agitée du souk, c’est un havre de paix que je trouve ici au Jardin Majorelle. Ce sont 9000 m2 de verdure. On y trouve de précieux palmiers ainsi qu’une grande variété de plantes exotiques. Lorsque les rayons du soleil traversent la végétation, cela ne fait qu’amplifier cette sensation de douceur et de sérénité. Pas étonnant, qu’Yves Saint-Laurent fût charmé par ce lieu de toute beauté ».

 

Après s’être grandement ressourcées, nous partons en direction de la fameuse place Jemaa El-Fna et s’est en calèche que nous nous y rendons. Durant le trajet, j’ai l’impression d’être plongée dans une autre époque. J’apprécie grandement le paysage, surtout lorsque nous passons le long de la palmeraie. Une heure trente plus tard nous voilà arrivées à la place !

 

C’est une tout autre ambiance qui nous attend… Après le calme du Jardin Majorelle, je ne sais comment décrire cette effervescence qui domine Jemaa El-Fna. On trouve vraiment de tout ! A peine quelques mètres de fait et un singe me saute dessus ; quelques pas de plus et c’est face aux charmeurs de serpents que je me trouve. Le contraste entre l’après-midi passée et ce début de soirée est plus que marqué. Ma mère se sent fatiguée, nous décidons alors de rentrer et en pensant reconnaître le chemin vers l’auberge c’est dans le souk que nous entrons. C’est encore pire ! C’est une vraie course d’obstacles à éviter : les mobylettes, les marchands, les chevaux… J’arrive enfin à reconnaître une petite ruelle et nous arrivons à destination bien fatiguées. 

 

Le lendemain, les visites se font à un rythme moins intense. Nous découvrons le Palais Bahia, une coopérative de fabrication biologique d’huile d’Argan et les herboristes. 

 

En fin d’après-midi, nous décidons d’écouter le séjour à Marrakech pour rentrer sur Rabat un jour plus tôt. J’avoue que la tranquillité que l’on retrouve à Rabat est plus que ressourçante. Je m’improvise « guide touristique » en ce dimanche ensoleillé pour ma maman.

Je la conduis dans les lieux que j’ai visités et que j’apprécie énormément : la Tour Hassan, le Mausolée Mohammed V, la Kasbah des Oudaïas. Nous terminons enfin par une promenade le long de la Marina et assistons au coucher de soleil, en bord d’Océan.

De voir le bien-être dans lequel se trouve ma maman me rend vraiment heureuse. Cela me fait plaisir de pouvoir partager un peu de la vie que je mène ici avec elle. Ces retrouvailles étaient essentielles, elles m’ont donné un regain d’énergie. Il ne me reste maintenant plus qu’à profiter pleinement avec elle de ses deux derniers jours en terre marocaine…

 

 

Episodes précédents

1. Premiers pas en Terre marocaine

2. La vie : des hauts et des bas

3. Les semaines se suivent et ne se ressemblent pas

4. Un mois est déjà passé

5. Fin d'année 2019

6. Bonne année 2020 !