Journal de bord d'une stagiaire - Ep5

Sandra Pereira Costa est la toute première apprentie à effectuer un stage de mobilité internationale avec le CFA Sport Occitanie. Pendant 3 mois, elle sera en stage au Maroc, pour vivre une expèrience nouvelle, dans les métiers du Sport et de l'Animation, pilotée par le CFA et financée par la Région Occitanie. A travers son "Journal de bord d'une stagiaire", partez à la découverte de notre programme Mobilité Internationale.

 

 

Episode 5 : Fin d'année 2019
Il y a comme une odeur dans l'air d'une année qui se termine bientôt

Cet épisode regroupe quasiment deux semaines, du 9 au 20 Décembre. Le Président de la Fédération m’a accordé une semaine de récupération et je vais pouvoir fêter Noël avec ma famille dans les traditions portugaises.

Sur le début de la semaine du 9 décembre, j’ai peaufiné au mieux les derniers détails pour la journée tant attendue à l’Université Internationale de Casablanca (UIC). Ayant suivie le projet depuis son commencement, je souhaite vraiment la réussite de ce premier événement que je coordonne.

J’ai continué à apprendre sur les différents types de handicaps, sur les institutions internationales, sur la discipline du « football à béquilles pour personnes amputées » en faisant des recherches personnelles, en questionnant mes collègues.

Mon tuteur de stage, Saïd, possède également de nombreuses connaissances dans le domaine du para-sport, d’autant plus qu’il a enseigné plusieurs années à la fac. J’ai donc pu m’entretenir un peu avec lui sur différents sujets et c’est une chance de pouvoir développer mes savoirs avec lui.

Mercredi 11 décembre arrive enfin : c’est le jour J tant attendu : direction l’Université Internationale de Casablanca (UIC) !

Nous avons rendez-vous à 10h à l’UIC. Nous prévoyons pour être bien large niveau horaire de partir de Rabat à 8h. Nous rencontrons des problèmes sur la route et c’est avec une heure de retard que commence la conférence. Je suis un peu stressée car je veux que cette journée se passe au mieux. Je suis ce projet depuis le départ et je m’y suis grandement impliquée pour que ce soit une réussite.

La conférence se déroule avec des petits couacs dus au retard mais dans l’ensemble tout va bien : la salle d’amphi est remplie, les étudiants posent des questions très pertinentes et j’en suis ravie

 

Les interventions du Président de la FRMSPH, Hamid EL AOUNI et du DTN, Saïd LAMRINI sont riches en informations. Aussi bien sur le fonctionnement global de la Fédération que sur les différents types de handicaps, leur classification, etc. !

La conférence s’est terminée par le témoignage d’un athlète de haut-niveau, Ayoub SADNI. Récemment médaillé de bronze en 400 mètres, aux championnats du monde de para-athlétisme à Dubaï (en novembre dernier). Ce jeune homme, âgé d’à peine 20 ans a une énergie débordante ! J’ai pu apprendre à le connaître car nous avons fait le trajet ensemble dans le minibus. J’ai pu échanger avec lui sur le para-athlétisme ainsi que son arrivée dans la discipline et nous avons bien ri durant le voyage.

 

Le midi, la cafétéria de l’UIC nous a réservé un délicieux repas et bien sûr je n’en laisse jamais une miette (vous l’avez compris, manger et faire du sport sont deux de mes passions dans cette vie). Ce temps de repas a permis de discuter avec différentes personnes : la directrice du bureau de la vie étudiante, des professeurs en sciences sociales et de la santé, les joueurs de l’équipe de football…

L’après-midi approche enfin et place au match amical de football à béquilles entre l’équipe des personnes amputées et l’équipe de l’université. J’ai le privilège de jouer avec les couleurs de l’équipe des joueurs amputés ! Quand je rentre sur le terrain, tout le monde est surpris de voir une fille jouer avec une équipe masculine ! Cela me fait sourire…

C’est sur l’hymne officiel de « l’UEFA Champions League » que nous faisons notre entrée sur le terrain ; ça y’est je suis déjà dans le match. On débute par un échauffement et je me rends compte que ça fait bien longtemps que je n’avais pas touché un ballon. J’avoue, j’ai un peu la pression ! L’arbitre nous rassemble alors et est venu le moment de chanter l’hymne national marocain. Je ne le connais pas, mais je peux ressentir à quel point cela vient unir une équipe. C’est un moment fort en émotions pour moi de vivre tout ça.

On me désigne en plus capitaine d’équipe (décidément que de surprises) et je fais le coup d’envoi. C’est parti pour deux mi-temps de 25 minutes où je donne tout. Je marque même un but !

Impossible de ne pas montrer à quel point je suis impressionnée par la technicité et la condition physique des joueurs amputés. Ils maîtrisent les déplacements en béquilles, feintent les adversaires et contrôlent le ballon de manière acrobatique, avec une telle précision que j’en reste bouche-bée. J’assiste à un magnifique festival footballistique !

 

 

Bien qu’il s’agisse d’un match amical, je tiens à préciser que l’équipe des joueurs amputés est la gagnante, je suis vraiment heureuse. On m’appelle en suite pour remettre la coupe et là, je ressens la joie qu’apporte une victoire collective ! Nous commémorons ce résultat en manifestant notre joie, en criant, en chantant, en applaudissant…

Cette belle journée inoubliable vient se clôturer par un joli cadeau dont je ne m’attendais absolument pas. Ahmed BOUNAIME, l’entraîneur de l’équipe, m’offre en son nom et celui des joueurs, la tenue complète officielle avec laquelle j’ai joué. Il m’explique en plus que le numéro 10 inscrit sur mon maillot porte bonheur. J’en ai la larme à l’œil car j’en garderai un inoubliable souvenir. 

   

 

De retour sur Rabat, je me remets doucement de cette journée richissime en rencontres humaines ! Le lendemain, mes collègues me parlent du match. Ils ont vu les photos et vidéos, ils viennent me féliciter, ils sont heureux que tout se soit aussi bien déroulé. Et moi donc… Je me repenche alors sur mes autres dossiers dans la bonne humeur et bien motivée. Je sens un regain d’énergie en cette fin d’année.

Coté vie perso, je profite de la bonne disposition dans laquelle je me trouve, pour réaliser mes propres programmes sportifs. Je découvre les footings matinaux en bord d’océan ou encore à la forêt Hilton, en plus de l’accès à la salle de sport. Je peux réutiliser mes apprentissages vus au cours de mon BPJEPS APT pour construire des séances et j’échange beaucoup avec Zakaria, le prof de kick-boxing et coach sportif à la salle. Nous faisons chacun de notre côté nos programmes puis nous les comparons, testons les séances et nous finissons par un bilan ensemble. C’est tellement plus enrichissant de travailler à deux que toute seule ! Ça me donne de nouvelles idées, je peux aussi analyser son approche pour chaque exercice, voir le fil conducteur de la séance, etc.

Je lui ai aussi fait tester un cours de savate forme (cardio-boxing avec la gestuelle technique de la savate en musique), nous avons bien ri. Il n’a pas l’habitude de se déplacer sur la pointe des pieds car en muay-thaï ou K1 on est plus statique qu’en boxe française, le début a donc été un peu chaotique. J’ai alors réajusté ma séance et il a vite pris le rythme. A la fin de la séance, il connaissait la « chorégraphie » par cœur et était en parfaite harmonie avec le BPM en plus ! Par ailleurs, il était primordial ces dernières semaines que j’adopte une bonne alimentation et que je me repose correctement car avec l’augmentation de mon activité physique je me sentais bien fatiguée le soir.

   

Le weekend, complètement par hasard, en me promenant à Rabat, je suis entrée dans l’Espace Rivages. J’y ai alors découvert l’exposition « Chaos créatif » qui rassemblait plusieurs toiles réalisées par un artiste plasticien franco-marocain. Coup de chance, il était présent dans la galerie d’art : Jean NUMA CAUX, un artiste plasticien avec qui j’ai échangé pendant un long moment sur certaines œuvres. Il m’a raconté son parcours, comment a débuté sa vie artistique, ses projets en cours et à venir ainsi que la représentation de certaines de ses peintures. Encore une très belle rencontre !

Après ces échanges avec l’artiste lui-même, j’ai contemplé longuement les toiles aux couleurs vives et j’ai laissé place à mon imagination.

J’ai continué mon weekend à marcher le long de la marina, à déambuler jusqu’au Bouregreg, à me perdre dans les ruelles… Le dimanche je voulais visiter la ville de Fès mais la fatigue a pris le dessus et je me suis bien reposée. J’aurai d’autres occasions d’aller voir cette ville et plutôt sur un weekend complet ! 

 

J’en ai alors profité pour aller au marché et cuisiner. Zohra m’avait donné une recette pour préparer une salade de poivrons à la marocaine. Un vrai régal ! Prendre le temps de préparer des plats soit même ça ouvre l’appétit et ça me motive pour apprendre d’autres recettes telles que le fameux couscous marocain.

Les derniers jours restant avant mes congés sont là. Je ne les vois pas du tout passer ! Je laisse tous les dossiers bouclés afin de ne pas accumuler de retard pour mon retour. Cela me permet de partir la tête vidée, reposée.

 

J’ai tout de même une mission lors de mes congés. On m’a informé qu’une des plus grandes entreprises fabriquant du matériel pour le Boccia se trouve à Porto, pas loin d’où je me rends. Mon tuteur de stage m’a alors mis en contact avec un des associés : Paulo, gérant de « Tutti per Tutti sport ».

J’échange avec lui par téléphone et il me propose de visiter l’entrepôt lorsque je serais au Portugal. Une chouette opportunité pour voir ce qui se fait dans mon pays d’origine et même, pourquoi pas établir un partenariat entre le Maroc et le Portugal pour la discipline du Boccia. D’autant plus, que je me suis grandement liée d’amitié avec l’équipe marocaine de Boccia, comme j’en parle lors des épisodes précédents.

On ne sait jamais ce que l’avenir nous réserve : j’ai la chance d’avoir une double culture franco-portugaise, d’être en stage au Maroc et de pouvoir découvrir ce qui se fait dans le domaine du handisport sur trois pays différents. Cela ne vient qu’enrichir mon expérience professionnelle et ma vie personnelle ! Je ne pouvais espérer mieux pour une fin d’année.

Je souhaite à toutes les personnes qui me liront de passer de merveilleuses et magiques fêtes de fin d’année, en n’oubliant pas de réaliser vos rêves, il suffit juste d’y croire très fort et qui sait, ils s’exauceront.

 

 

 

   

 

Episodes précédents

1. Premiers pas en Terre marocaine

2. La vie : des hauts et des bas

3. Les semaines se suivent et ne se ressemblent pas

4. Un mois est déjà passé