Journal de bord d'une stagiaire - Ep4

Sandra Pereira Costa est la toute première apprentie à effectuer un stage de mobilité internationale avec le CFA Sport Occitanie. Pendant 3 mois, elle sera en stage au Maroc, pour vivre une expèrience nouvelle, dans les métiers du Sport et de l'Animation, pilotée par le CFA et financée par la Région Occitanie. A travers son "Journal de bord d'une stagiaire", partez à la découverte de notre programme Mobilité Internationale.

 

 

 

Episode 4 : Un mois est déjà passé !
Je me sens enfin mieux intégrée

J’entame mon premier mois à Rabat. Depuis ces quatre semaines, je me sens enfin mieux intégrée. Mon inscription à la salle de sport et les rencontres que j’ai faites y sont certainement pour quelque chose.

Cette semaine se déroule principalement à la Fédération. J’apprends à connaître de mieux en mieux mes collègues et c’est dans la bonne humeur qu’ils répondent à mes innombrables questions.

D’autre part, je continue de manière autonome à faire le suivi des projets qui m’ont été confiés et à travailler en lien avec le DTN, Saïd, à qui j’envoie les comptes rendus que je rédige avant validation par le président, Mr EL AOUNI.

Un des grands événements autour duquel je travaille depuis deux semaines est la journée de sensibilisation au handicap qui se déroulera à l’Université Internationale de Casablanca, le mercredi 11 décembre. La journée se découpera en trois parties. Tout d’abord, une conférence de présentation de la FRMSPH et du handisport au Maroc ainsi qu’un témoignage d’un grand athlète, Ayoub SADNI. Ensuite, est prévu un repas commun à la cafétéria de l’UIC et la journée se clôturera par un match amical de football pour personnes amputées, comme je l’explique dans l’épisode 3.

Je coordonne à distance avec Sara qui est la responsable du club sportif universitaire et on voit ensembles les derniers détails. Rien ne doit être laissé au hasard car ce pourrait être un partenariat qui verra le jour entre la FRMSPH et l’UIC. Tout dépendra de comment se passe cette première action de pilotage. 

 

 

 

L’autre projet porte sur la « semaine inclusive autour du sport et du handicap ». Une semaine banalisée aura lieu au mois de Mars 2020 avec cette année deux actions prévues. Une qui se fera au collège Saint-Exupéry (réalisée l’an dernier et suite à cette réussite, le collège a voulu refaire ce projet) et l’autre, au Lycée Français International André Malraux (LFIAM) ; deux établissements situés à Rabat. Le but étant de sensibiliser les collégiens, lycéens au handicap et de leur faire découvrir un panel d’activités sportives adaptées pour des personnes handicapées.

Je me suis rendue à une réunion le jeudi 5 décembre avec Saïd, au LFIAM pour discuter autour d’une organisation prévisionnelle pour la semaine inclusive. J’ai pu rencontrer le principal, la principale adjointe du collège Saint Exupéry ainsi que la directrice du Lycée et une des prof référente d’EPS. C’était très enrichissant pour moi de pouvoir parler du projet, d’émettre quelques idées et de voir comment se déroule une réunion de partenariat.

Le vendredi j’ai assisté à une réunion sur un plan stratégique pour deux ans (2020-2022) avec la Foundation AGITOS. Pour information, le Comité International Paralympique (IPC) est le fondateur de la Fondation AGITOS. Celle-ci est la principale organisation mondiale : « développant des activités sportives pour les personnes handicapées en tant qu’outil pour changer des vies et contribuer à une société inclusive pour tous ».

 

Ce jour-là, j’ai également rencontré le président du CFA SPORT Occitanie, Mr DANY Jean-Paul. Un réel plaisir d’avoir pu échanger avec lui et je l’en remercie chaleureusement. Je me rends compte de la chance que l’on a en France ! L’apprentissage, la possibilité de partir en stage à l’étranger avec une aide financière des CFA, des régions… ce n’est pas dans tous les pays que l’on bénéficie de cela. C’est en voyageant qu’on se rend compte des points positifs du pays où l’on a grandi. Au lieu de se plaindre constamment, il faut savoir se saisir des opportunités et se donner les moyens de mener une vie heureuse. En tout cas, je me sens chanceuse d’être la toute première apprentie à vivre cette expérience. 

   

Je pense souvent à mon road trip de plusieurs mois au Brésil, en 2017, où le confort était très souvent absent. Cette aventure-ci je la vis de manière différente ; un toit fixe où dormir, de quoi se nourrir, étudier, visiter, apprendre d’une nouvelle culture... Autant de critères qui me font aimer de plus en plus ma vie ici !

Cette semaine est aussi synonyme d’une reprise intensive des entraînements ; c’est quasiment deux fois par jour que je vais à la salle de sport. Je sens que j’ai besoin de me défouler car je passe les journées assise, derrière l’ordinateur et j’ai du mal avec la sédentarité. C’est aussi une bonne chose pour déconnecter du travail à la Fédé car lors de mes deux premières semaines, ce que je faisais en rentrant chez moi était de continuer à travailler sur des dossiers. Dans la vie tout est question d’équilibre, les extrêmes ne donnent jamais de très bons résultats. C’est pour cela que j’ai décidé de différencier ma vie pro de ma vie perso ! Et tout va mieux depuis.

   

 

Je pense que le bien-être dans lequel je me trouve se propage autour de moi et je sympathise avec plusieurs personnes de la salle encore une fois !

 

Un soir de la semaine, j’avais terminé mon renforcement musculaire et en sortant j’ai vu un sac de frappe, je ne résiste pas d’y envoyer quelques crochets et fouettés. Prise sur le fait, un coach, Zakaria vient me parler et me demande si je boxe. Je lui dis que je pratique en France la Savate boxe française et il me propose de tester le lendemain un cours de « kick-boxing niveau avancé ». En fait, je ne le savais pas mais c’est un boxeur professionnel et entraîneur de K1 et Muay-thaï. Encore une superbe rencontre !

Le lendemain je m’y présente avec tout mon matériel (une intuition m’avait dit à Toulouse de prendre mes affaires de boxe), enfin presque tout… je n’ai pas pris mes protège-tibias. Décidément on est plutôt sympa avec moi ici, le prof me prête les siens. C’est sincèrement une heure et demi à fond ! Thèmes techniques, renforcement musculaire et « TABATA » pour travailler l’explosivité. A la fin de cette séance, je suis « lessivée ». Ça me rappelle la séance de boxe anglaise mais là j’avoue je prends plus de plaisir car je retrouve l’usage de mes jambes ! A la fin du cours, il me dit que c’est un plaisir de m’accueillir : MARHABA (en Darija) qui signifie BIENVENUE !

   

Je termine cette semaine par un weekend rien que pour moi en entier ! Depuis le début de stage, il y’a des événements tous les weekends et je n’ai souvent qu’un seul jour pour récupérer.

Ça tombe bien car vendredi, Neima et moi avons prévu d’aller manger et boire un verre ensemble, histoire que je découvre un peu l’ambiance de Rabat le soir. Après s’être entraînées, nous partons au bar d’en face, UP STAIRS. C’est une ambiance plutôt sympa, décontractée. Elle me présente un groupe d’amis à elle avec qui je rigole bien, ils viennent de tous horizons et c’est dans la diversité que je me sens bien.

 

Après cette petite soirée, je pars me reposer car samedi une visite de Rabat et de ses alentours m’attend ! Une nouvelle copine des cours de kick boxing, Yasmin, s’est proposée de venir me chercher chez moi et d’être ma guide pour la journée, quelle chance !

 

Je passe un samedi merveilleux, je retrouve les Oudaïas que j’aime tant, je déguste un authentique thé à la menthe au café Maure avec une vue sur l’océan. Le soleil vient nous réchauffer et c’est agréable. On y reste près de deux heures, à papoter. Elle me parle de sa famille, descendante des Berbères. Elle et sa famille sont passionnées d’histoire et c’est un privilège qu’elle partage cela avec moi. On continue la visite et je découvre l’ambiance du souk de la médina. On y trouve vraiment de tout ! Une chose m’a marqué, c’est qu’en arrivant dans le souk un convoi d’hommes déferlait vers la ville à contre-sens avec un mort, transporté sur une simple civière. Yasmin m’explique que c’est fréquent ici. Très probablement un homme décédé qui vivait dans la médina que l’on partait enterrer.

Seuls les hommes se rendent au cimetière pendant que ce temps-là, les femmes préparent à manger pour accueillir les gens qui viennent présenter leurs condoléances. J’avoue que cela m’a un peu remué l’estomac.

Nous avons continué notre balade en déambulant dans le souk ; j’y ai enfin vu le tissage des tapis marocains. Un travail méticuleux qui requiert un savoir-faire qui se transmet de génération en génération.

 

Découvrir la médina avec quelqu’un de Rabat c’est vraiment une superbe opportunité car seule, je n’aurai pas été autant à l’aise. La vie ici est plaisante mais aussi fatigante. On croise énormément de monde, des marchands ambulants et beaucoup de mendiants également.  

 

Tout ça nous ouvre bien l’appétit et c’est un régal de pouvoir manger les fameuses fritures de poisson dans la rue ! Après un mois, ça y est je mange à « la marocaine » c’est-à-dire avec du pain et à la main, le goût me parait même meilleur.

   

J’ai tellement bien mangé, qu’une bonne marche s’impose et on termine par longer l’océan. Je m’y trempe les pieds et quel bonheur de pouvoir me revivifier. Pendant un instant, j’oublie tout, je me tiens face à cette houle et mon regard se perd vers le large.

En se promenant, Yasmin me montre les différentes écoles de surf et où louer du matériel à la journée pas cher. On se prévoit une session d’ailleurs !

Suite à cette belle journée, c’est avec beaucoup de sérénité que je m’endors. Le lendemain je me réveille à midi et demi (une grasse mat’ nécessaire je crois), cela fait bien longtemps que je ne dormais pas si bien !

Le dimanche je me prépare un délicieux brunch fait « maison » et c’est parti pour continuer la découverte de Rabat. Le petit musée du jardin des Oudaïas est ouvert et j’en profite pour y entrer. Une architecture dans les moindres détails, on y retrouve des formes qui me font penser à de la géométrie sacrée. Je contemple longuement chaque parcelle de ce lieu, je m’y sens bien. Je termine par prendre mon repas dans le quartier de l’Océan, un quartier un peu populaire. On y trouve toutes les classes sociales et j’aime ce mélange. Je mange dans la rue des grillades de différents types de viande, préparées avec attention par un vieil homme dynamique. En dessert, je découvre le « Zae-Zae » : délicieux smoothie à l’avocat et aux morceaux de fruits secs.

 

Je redescends ensuite vers le bord de mer, je longe une bonne partie de la côte et je tombe face à un étrange bâtiment : le Fort Rottembourg ou Fort Hervé (Borj Al Kbir). Après quelques recherches, ce bâtiment aurait été fortifié au XIXème siècle sur la corniche de Rabat afin d’abriter des canons allemands : « Une structure moderne qui n’a finalement jamais servi ».

 

 

Comme à mon habitude, pour finir ma journée, je ne me lasse jamais de clôturer un dimanche par un coucher de soleil à chaque fois unique, surprenant et ressourçant.

 

 

 

Episodes précédents

1. Premiers pas en Terre marocaine

2. La vie : des hauts et des bas

3. Les semaines se suivent et ne se ressemblent pas