Journal de bord d'une stagiaire - Ep3

Sandra Pereira Costa est la toute première apprentie à effectuer un stage de mobilité internationale avec le CFA Sport Occitanie. Pendant 3 mois, elle sera en stage au Maroc, pour vivre une expèrience nouvelle, dans les métiers du Sport et de l'Animation, pilotée par le CFA et financée par la Région Occitanie. A travers son "Journal de bord d'une stagiaire", partez à la découverte de notre programme Mobilité Internationale.

 

 

 

Episode 3 : Les semaines se suivent et ne se ressemblent pas 
Une semaine bien ensoleillée et heureusement !

Après une seconde semaine qui était plutôt difficile, celle-ci s’annonce bien ensoleillée et heureusement !

Lundi, c’est une reprise en douceur à la FRMSPH, mon tuteur est absent cette semaine. Il accompagne l’équipe de Boccia en Tunisie. C’est l’occasion pour moi de m’intégrer davantage au sein de l’équipe. Je suis d’habitude dans le bureau de la direction technique et cette semaine je m’installe dans un autre petit bureau où il y’a les autres collègues (Zineb, Youness, Ibtissame, Nadia, Naceur et Soukaïna). C’est plus calme, la salle plus ensoleillée et je peux leur poser des questions ! C’est l’occasion d’apprendre à les connaître un peu mieux aussi. Au niveau de mes missions, je réalise le suivi des projets que l’on m’a confié en évaluant leur avancement. J’aide aussi à la rédaction des bulletins mensuels publiés sur le site de la Fédération. Il s’agit de recenser les événements marquants (formations, championnat national, international, résultats obtenus, etc). Je sens que je développe des compétences sur la communication et des connaissances sur les différentes équipes sportives et athlètes. Je ne me lasse pas d’apprendre !

Le lendemain, date importante : mardi 26 Novembre, je prends la décision de faire un cours d’essai dans une salle de sport. Après en avoir comparé plusieurs, mon choix se porte sur Gym Station, à dix petites minutes de marche de chez moi. L’avantage est que je réussis à négocier un peu sur le prix car les abonnements sont excessivement chers, il faut compter environ 800 dirhams par mois (soit 80 euros). Je propose alors de donner des cours de cardio-boxing, renforcement musculaire… et de bénéficier gratuitement de l’accès à la salle (j’ai même pensé à prendre ma carte pro avec moi !). La responsable me donne un rendez-vous à son retour car elle part en congés, c’est à dire dans une dizaine de jours pour en discuter plus en détail.

En attendant, cette semaine c’est tous les jours que je vais pouvoir me dépenser !

Pour revenir sur le cours que j’ai testé, il s’agissait du cross-fit. Autant dire qu’après être sortie d’une formation d’éducatrice sportive récemment, mon œil observateur pour chaque exercice était en constante stimulation et analyse. Je me suis rendue compte qu’en France la réglementation est hyper stricte en matière de sport. Ici le coach comme il est nommé, n’a corrigé aucune posture, le cours a duré 40 minutes au lieu d’une heure. De nombreux petits détails qui sont venus enrichir mon expérience professionnelle des gestes à ne pas faire. Je ne dis pas que ce qui est enseigné en France soit meilleur qu’au Maroc mais je pense qu’il y’a une réelle remise en question à avoir sur la pratique sportive en France. Bref, je suis quand même très satisfaite de m’être grandement dépensée et cela m’a motivé pour le restant de la semaine ! 

 

 

 

Une autre étape importante a été le partenariat avec l’Université Internationale de Casablanca. Projet que je coordonne pour l’organisation d’une conférence sur le handisport suivie d’un match amical de football à béquilles entre des joueurs de l’université et des joueurs amputés. Une belle expérience en totale autonomie ! J’ai pris le train de Rabat vers Casablanca avec changement de ligne, pour rencontrer deux responsables de l’UIC. Une rencontre très agréable, nous avons établis en détail le déroulement de l’événement et j’ai eu le droit à une visite guidée du campus et des installations sportives. Une université au top et la découverte de grandes gares marocaines de dernière génération.

 

 

Cette semaine j’ai pu suivre l’organisation globale de préparation pour un des événements majeurs porté par la Fédération : les finales de la Coupe du Trône des sports collectifs ! Cet événement se déroule dans la magnifique salle Ibnou Rochd, à Rabat.

 

Ce ne sont pas moins de trois finales qui se sont disputées samedi 30 Novembre : Para-volleyball assis, Futsal des sourds et Handi-basketball sur fauteuil. J’ai eu la chance d’assister au déroulement de cette journée et de suivre toutes les finales. Une première pour moi ! La finale qui m’a marqué le plus est celle du Basket sur fauteuil, j’ai été impressionnée par la capacité des joueurs à se déplacer aussi vite en fauteuil et à marquer des 3 points aussi aisément. Leur force mentale et physique m’ont laissées bouche-bée.

 

J’ai fait des rencontres inoubliables ce jour-là : Youssra KARIM une athlète dont j’ai suivi en live les vidéos lors du Championnat du Monde 2019 de Para-athlétisme à Dubaï. Pour info, elle sort médaillée d’Argent au lancer de disque F41 (catégorie des personnes de petite taille). En plus d’être une sportive hors-normes, elle est dotée d’une telle gentillesse qui m’a beaucoup marquée.

 

 

En résumé, cette troisième semaine a été fructueuse en rencontres humaines et aussi en découvertes culinaires !

Vendredi étant le jour du traditionnel couscous marocain, nous avons pris le repas tous ensembles à la Fédération et ce, dans le même plat. Au Maroc, le couscous ne se mange pas seul, il se partage à plusieurs car le vendredi est un jour sacré. C’est le jour spécial pour la prière (bien que chaque jour, il y ait cinq prières à faire d’après la religion musulmane ; en comparaison, le vendredi équivaut à la messe du dimanche pour les chrétiens). Mes collègues ont pu m’expliquer en détail tout cela et j’ai été ravie qu’ils expliquent cela à une « étrangère ». Par la suite, ça m’aidera encore plus pour mon intégration.

 

Cette semaine, j’ai sympathisé avec mon voisin sénégalais, Diop, qui est installé depuis quelques années sur Rabat. Il m’a proposé de découvrir un restaurant africain dans le quartier, où j’ai pu manger une spécialité sénégalaise « Yassa au poulet », une vraie tuerie ce plat !

Il m’a donné par ailleurs plusieurs renseignements sur la capitale ainsi que les visites culturelles à faire.

De chouettes échanges lors de cette soirée ! En discutant avec lui, j’ai appris qu’il était président de la crèche « Kirikou » qu’il avait ouvert il y’a quelques mois pour des enfants migrants, à Rabat. Je lui ai manifesté mon intérêt pour les causes sociales et il m’a proposé d’y passer avec lui lors d’une matinée où je serai libre. Ce sera un plaisir pour moi de m’y rendre et j’aimerai même, consacrer un peu de temps à ces enfants (jeux, lecture d’histoires…) durant mon séjour au Maroc.

   

Autre rencontre très sympa, cette fois-ci non pas sur le palier de mon appartement mais à la salle de sport. Neima, étudiante à Rabat, est venue discuter avec moi après m’avoir vu tous les jours m’entraîner. Le feeling est naturellement passé ! On a pu aborder une quantité de sujets en peu de temps. Une jeune fille qui vient de Djibouti avec une grande ouverture d’esprit ; vraiment génial de m’être fait une pote. En plus, c’est une source de motivation pour le sport car on peut échanger sur des programmes d’exercices à faire et s’entraider sur les séances ! Je me souviens souvent de ce proverbe africain affiché au CREPS de Toulouse « Seul on va plus vite. Ensemble on va plus loin » et aujourd’hui il prend tout son sens.

Dimanche arrive, c’est jour de repos et surtout réveil matinal ! Je suis motivée pour aller marcher, découvrir la forêt du Hilton, qui se trouve près de chez moi. Un beau soleil illumine le ciel. Je marche une vingtaine de minutes et d’un coup, s’abat une pluie torrentielle qui déboule de nulle part (j’avoue, je n’ai pas le réflexe de regarder la météo, il faudra que j’y mette pour les prochaines sorties). Je file m’abriter dans un café et à défaut de ne pas pouvoir me balader, je compense par un délicieux petit-déjeuner. Au final, c’est de la pluie sans arrêt toute la journée. Je me dis alors que rien n’arrive par hasard, peut-être était-ce un signe pour me reposer. A peine rentrer, en effet je me suis plonger dans un profond sommeil et j’ai dormi à poings fermés.

 

 

Episodes précédents

1. Premiers pas en Terre marocaine

2. La vie : des hauts et des bas