Journal de bord d'une stagiaire - Ep1

 

Sandra Pereira Costa est la toute première apprentie à effectuer un stage de mobilité internationale avec le CFA Sport Occitanie. Pendant 3 mois, elle sera en stage au Maroc, pour vivre une expèrience nouvelle, dans les métiers du Sport et de l'Animation, pilotée par le CFA et financée par la Région Occitanie. A travers son "Journal de bord d'une stagiaire", partez à la découverte de notre programme Mobilité Internationale.

   

 

Episode 1 : Premiers pas en terre marocaine :
Vivre en une semaine une multitude de rencontres et d'événements. 

 

Tout commence quelques jours avant de partir, l’excitation à l’idée de découvrir un pays qui m’est inconnu, une nouvelle culture… Autant d’éléments qui font travailler mon imagination et mes interrogations sont de plus en plus nombreuses avant le fameux départ. Au moment du décollage, je laisse place à une déconnexion totale pour faire le vide et me préparer à vivre au mieux cette nouvelle aventure !
Dans l’avion je sympathise avec ma voisine de siège, Fatima, ancienne institutrice de français, à la retraite et qui vit à Rabat. Elle me donne plusieurs conseils sur la ville et m’invite chez elle lorsque je serais installée pour déguster un bon thé ou café. Le voyage commence plutôt bien !

Arrivée à Casablanca, je cherche un train qui va à Rabat. Là encore, nouvelle rencontre avec deux élus au sport de Toulouse qui m’interpellent en voyant le logo de mon club de Savate (Blagnac) inscrit dessus. Nous discutons parcours professionnel, sports, projets et j’obtiens leurs coordonnées. Correspondance à Casablanca Port pour continuer mon trajet (seule cette fois-ci) vers Rabat Agdal en grimpant dans un autre train. J’en profite pour contempler les paysages et je m’enthousiasme de plus en plus car je me rapproche de mon point de destination « final ». Je sors de la gare Rabat Agdal et mon tuteur de stage : Mr Saïd LAMRINI (Directeur Technique National, à la Fédération Royale Marocaine des Sports pour Personnes Handicapées - FRMSPH) est déjà sur place. Je reçois un très bon accueil, il me fait la visite de Rabat en voiture et je déguste mon premier vrai sandwich marocain : une délicieuse charawma au poulet ! Après cette première journée, il est temps que j’aille me reposer et mon tuteur me dépose ainsi à mon logement, qui se situe tout près de mon lieu de stage. Là encore c’est une nouvelle surprise en visitant les lieux de l’immense appartement dans lequel je vais vivre en collocation durant ces trois mois.

 

Après une bonne nuit de repos, ma première journée au sein de la FRMSPH commence. A peine arrivée, on m’annonce officiellement l’annulation des premiers jeux paralympiques africains et l’organisation d’un rassemblement devant le Ministère des Sports pour manifester le mécontentement. C’est une difficile nouvelle, tant pour la FRMSPH, tant pour moi et surtout pour les athlètes ! J’assiste au rassemblement, premiers échanges avec des athlètes, ça y est mon stage commence vraiment. Je suis en totale immersion dans les actualités marocaines. Durant les deux prochains jours, beaucoup d’informations fusent, j’essaie au mieux de les analyser, de les comprendre et de les « ranger » pour les utiliser au quotidien. Le mot apprentissage prend alors tout son sens, je ne cesse d’apprendre durant cette première semaine sur les différents types d’handicaps, du handisport, des disciplines paralympiques, la fédération, etc.

 

Culturellement, le changement est important par rapport à la France. J’essaie au mieux de m’intégrer en étant la plus agréable et souriante possible. Je passe outre la barrière de la langue arabe et peu à peu, mon oreille s’y fait, je commence à reconnaître certains mots ou expressions. J’ai de la chance car Saïd m’accompagne très bien et facilite mon intégration. Il m’amène sur le terrain voir les athlètes, j’en suis impatiente ! Nous allons au CNSMR (Centre National des Sports Moulay Rachid), à Salé et là c’est juste « W.A.O.U.H !!! », les installations sportives du haut niveau, les salles d’entraînements et surtout les rencontres humaines. Je fais la connaissance de l’équipe nationale de cécifoot, de tennis sur fauteuil, de boccia et de powerlifting. Tout ce que j’ai appris théoriquement rejoint ainsi toute la pratique et les choses deviennent bien plus claires pour moi. La soirée se finit par un repas au centre avec l’équipe de tennis sur fauteuil et c’est un grand moment privilégié pour échanger avec les sportifs. 

   

Autre événement marquant cette semaine : mon tuteur apprend que je pratique la Savate boxe française, il contacte alors Ismaïl qui fait partie de la Fédération de boxe anglaise et il s’avère qu’il a un club vers Salé. Je discute avec lui et encore une fois, grande surprise ! Il me propose de venir boxer le soir même. Je m’y rends en tramway et il me récupère au terminus (car le soir il est préférable d’éviter de se balader seule, surtout lorsque l'on est une femme – malheureusement). Il me présente à l’équipe et aux élèves. C’est parti pour deux heures d’entraînement. Je m’en souviendrai de ce premier cours, c'est certain, j’en sors avec cinq jours de bonnes courbatures. Un entraînement mené par des anciens militaires, de l’explosivité, de la rapidité et des thèmes. La boxe anglaise n’est pas ma spécialité et je me sens en difficulté sans l’utilisation de mes fouettés, chassés dont j’ai l’habitude. De nouvelles sensations ressenties, je prends conscience de l’importance des transferts d’appuis et de la haute technicité de la boxe, je m’accroche en sortant de ma zone de confort et cet entraînement vient enrichir mon expérience d’éducatrice sportive.

Le weekend arrive enfin ; je vais pouvoir visiter Rabat et ses alentours. Escapade en solitaire, une bonne marche d’une vingtaine de kilomètres sous un rayonnant soleil. Je me perds dans quelques ruelles de la Médina de Salé, je découvre les agréables senteurs des épices parfumées. J’arrive ensuite à la Tour Hassan et au Mausolée Mohamed V ; j’en reste bouche-bée face à cette beauté architecturale. La grandeur de ces lieux fait que le temps n’a plus d’importance.

 

Je marche en m’imaginant comment cela pouvait être avant. Pour finir cette journée, je me rends à la Kasbah des Oudaïas pour me laisser envahir d’une sensation de légèreté au travers ces maisons peintes en bleu et blanc. Je rencontre une dame qui vend de l’huile d’argan et je discute un moment avec elle avant de repartir avec une petite production locale. 

 

Je termine mon cheminement sur un magnifique spot en hauteur où une magnifique vue se présente à moi. Se dressent alors les plages de Salé et de Rabat avec un coucher de soleil silencieux.
Séduite par la beauté du site autant que par sa quiétude apaisante, j’ai hâte d’y revenir pour sentir de nouveau ce havre de paix. Comblée par cette escapade culturelle, il me tarde les prochaines découvertes.

 

Le lendemain c’est dimanche et se jouent les phases finales du tournoi national de futsal pour les sourds au Centre National Mohammed VI des Handicapés. Je dis à Saïd que je suis intéressée pour y assister et nous nous y rendons ensemble. Je rencontre le président de la FRMSPH, Mr Hamid EL AOUNI et les équipes participantes. Je peux voir et comprendre les règles adaptées pour cette discipline. Ce tournoi se termine par des interviews et une remise de médailles à laquelle je participe. Une première pour moi !

Je finis ma journée au Centre d’Insertion et d’Aide par le Travail (CIAT) des personnes handicapées, où je déguste un délicieux thé aux herbes cultivées par la coopérative. Tout est produit par les personnes vivants au centre, une initiative hors-normes pour produire de manière bio et pour insérer socialement ces travailleurs. J’y reviendrai !